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Vos questions sur le fond : en quoi consistent la psychanalyse et l'accompagnement psychanalytique (parfois appelé "psychothérapie analytique") ?

- Quand aller voir un psychanalyste ?
Quand vous avez le sentiment de rencontrer l'insupportable, que cela vous empêche de vivre, et plus précisément, comme le dit Freud, de travailler, d'aimer, ou de connaître le repos. L'insupportable se manifeste de manière singulière pour chacun de nous : malaise, déprime, angoisse, impression d'être pris dans une impasse ou dans des scenarii douloureux qui se répètent, symptômes récurrents... Mais il existe une pensée ou un ressort communs à tous ceux qui franchissent le pas de s'adresser à un psychanalyste : « plus jamais ça ».
- Combien de temps dure une psychanalyse ?
De quelques mois à plusieurs années, la question du temps est très variable, car elle est subjective. Il s'agit, pour chacun, d'arriver au point où il sentira qu'il peut vivre mieux. Certains pourront, en quelques mois, franchir un point de butée et reprendre le cours de leur existence. D'autres iront plus loin - cela peut être deux à trois ans - dans une réflexion sur eux-mêmes qui les fera bouger dans leur manière d'appréhender le monde et les relations humaines. D'autres enfin pousseront l'analyse jusqu'à la visée finale, qui consiste à vivre orienté par cette vérité profonde et singulière qui s'appelle le désir. Quoi qu'il en soit, le psychanalyste respecte votre temps, il cherche à vous ouvrir des perspectives mais n'opère pas de forçage.
- Comment la psychanalyse est-elle efficace ?
Précisément parce qu'elle opère sur un terrain où les autres méthodes ne vont pas. Peut-être avez-vous déjà essayé de recourir à certaines d'entre elles : en appeler à la volonté, faire du sport, pratiquer la relaxation, essayer d'appliquer les conseils de proches, vous engager dans une thérapie visant à rééduquer votre comportement, voire prendre des médicaments... Vous avez sans doute constaté qu'après une période d'accalmie, les choses pouvaient empirer à nouveau, comme si elles ressurgissaient des profondeurs et échappaient à votre contrôle. Les causes et la logique de votre mal-être vous échappent, de même que les voies pour le guérir, car il se joue sur ce que Freud a découvert comme « l'autre scène », celle de l'inconscient. Tous les jours vous faites l'expérience de l'inconscient, quand vous pensez par exemple « je ne comprends pas ce qui m'a pris de dire ou de faire ça », ou « je me remets toujours dans les mêmes difficultés, cela n'a aucun sens », ou « je suis angoissé et je ne sais pas pourquoi », ou encore « j'ai l'impression de ne pas savoir ce que je veux ». La psychanalyse consiste en ceci que vous pouvez savoir, et que ce savoir, celui d'une vérité sur vous-même, va changer votre vie.
- Est-ce que l’on risque d’aller plus mal ou de bouleverser sa vie ?
Non. Tout ce que vous pourrez exprimer était déjà en vous, à l'état de pensées conscientes ou de savoir inconscient, et produisait des effets - que vous les ayez ou non identifiés - à travers vos symptômes, inhibitions, angoisses, répétitions d'attitudes inadéquates, de situations déplaisantes... Elaborer les choses par les voies de la parole les remet en mouvement, vous permet de vous les représenter d'une manière nouvelle. Ainsi elles n'opèrent plus de la même manière « en souterrain », à votre insu. Rapidement, vous allez mieux au sens où votre angoisse s'allège, vous êtes éclairé sur ce qui vous arrive, vous redevenez sujet de votre vie. Il arrive pourtant que mettre à jour des événements ou des pensées pénibles provoquent des sentiments douloureux, une exacerbation des conflits intérieurs voire le surgissement au premier plan de certains symptômes, restés latents jusque là. Il faut savoir, de façon certaine, que cet état est passager et correspond à une étape nécessaire et constructive, car, comme le dit Freud, « il est impossible de terrasser un ennemi absent ou hors de portée ». En d'autres termes, « il fallait que ça sorte ». Si ces moments difficiles surviennent, le psychanalyste est présent pour vous rassurer, vous aider à les traverser au mieux, et le plus vite possible.
- Ai-je le droit de me plaindre, mon cas mérite-t-il une démarche ?
Contrairement à certaines thérapies, la psychanalyse n'utilise pas de grilles de critères, elle ne procède pas d'une logique d'évaluation et de normes, mais d'une logique du sujet. La souffrance que vous ressentez est la vôtre, son intensité et les formes qu'elle prend relèvent de votre singularité. Dire, comprendre cette souffrance, voire lui donner un sens, fait partie intégrante de la démarche thérapeutique. Dans la mesure où la psychanalyse ne fonctionne pas « au mérite », votre plainte sera toujours accueillie, votre démarche accompagnée; il ne tient qu'à vous de vous donner « le droit de savoir ».

Vos questions sur le déroulement concret : comment fonctionnent les séances
de psychanalyse ou les entretiens d'accompagnement psychanalytique ?

- À quelle fréquence ont lieu les séances de psychanalyse ?
Régulièrement, car cette régularité est essentielle à l'efficacité. Il faut à la fois que discours génère sa propre dynamique et s'intègre à la réalité du patient, qui vit entre les séances. Un rythme qui se situe entre une et deux fois par semaine est le plus couramment souhaitable.
- Combien de temps dure une séance ?
Autour de 40 minutes, avec cette marge permettant au psychanalyste de faire place au temps subjectif : décider d'arrêter la séance sur une formulation essentielle, qui ainsi, ne soit pas « recouverte », ou au contraire laisser s'achever une séquence qu'il serait dommage ou trop douloureux de laisser en suspens.
- Est-on allongé sur le divan ?
Pas systématiquement, le divan n'étant que l'un des appuis possibles de la technique psychanalytique. Au cas par cas, le psychanalyste cherche à favoriser les conditions les plus fécondes pour votre travail, et à anticiper les moments importants de son évolution. C'est dans cet esprit qu'il peut vous être proposé, à un moment donné, de le continuer sur le divan. Quoi qu'il en soit, les entretiens préliminaires se font toujours en face-à-face.
- Combien coûtent les séances ?
Le montant des séances est l'un des points abordés lors du premier entretien préliminaire. À partir d'une référence correspondant aux pratiques en vigueur, il s'agit de veiller à ce que le coût, pour le patient, reste cohérent avec ses possibilités financières et son mode de vie.
- Comment se fait le règlement ?
Indifféremment par chèque ou en espèces, le Cabinet étant affilié à une association officielle encadrant l'exercice des professions libérales.
- La première séance est-elle payante ?
Oui car elle entre de plain-pied dans la parole authentique et féconde qui caractérisera, si vous décidez de le continuer, l'ensemble de votre chemin. À ce titre, ce que vous énoncerez lors de cette première séance a autant de valeur que ce que vous direz lors de toutes les autres, et le psychanalyste s'engage de la même manière dans son écoute.
- Les séances sont–elles remboursées ?
Non, car seules les séances avec un psychiatre peuvent être remboursées, de manière non systématique selon la nature des entretiens, dans un cadre à définir avec lui.
- Est-ce qu’on attend longtemps dans la salle d’attente ?
Pas ou quasiment pas, le rendez-vous étant considéré comme un engagement de part et d'autre.
- Voit-on les autres patients ?
Non. Le Cabinet est organisé dans le sens de la confidentialité. Vous êtes seul dans la salle d'attente et les personnes ne se croisent pas.
- Est-ce que le psychanalyste parle ?
Oui. À tout instant, il règle son écoute et ses interventions en fonction de chaque personne, pour qu’elle puisse libérer sa parole et avancer dans son travail. Ainsi, le psychanalyste peut parler plus ou moins, et à certains moments plus qu'à d'autres, mais il ne laisse jamais s'installer un silence qui serait pour vous source de malaise voire d'angoisse.
- Faut-il préparer les séances ?
Non. La règle fondamentale de la méthode psychanalytique (et la seule) est celle que Freud avait appelée celle de « l'association libre », consistant à laisser surgir les idées telles qu'elles se présentent sans chercher à les mettre en ordre ou à les rejeter : « Dites tout ce qui vous passe par l'esprit. Comportez-vous à la manière d’un voyageur qui, assis près de la fenêtre de son compartiment, décrirait le paysage tel qu'il se déroule à une personne placée derrière lui ». Toute tentative de maîtriser la préparation des séances serait contraire à ce principe, ce qui n'empêche nullement de penser entre les séances à ce dont il sera pour vous important de parler.
- Est-ce bien un travail psychanalytique qui convient à son cas ?
Le ou les entretiens préliminaires ont leur fonction, pour vous comme pour le psychanalyste. Ils vous permettent de décider du début de votre travail et du choix du praticien ; ils donnent au psychanalyste les premiers éléments nécessaires pour offrir la meilleure écoute, saisir votre problématique, estimer les résultats possibles, et envisager la manière de conduire votre travail. S'il pense que ce travail risque de ne pas vous convenir, il vous le dit et vous oriente au mieux dans votre recherche
- Et le jour où l’on n’a rien à dire ?
Si l'appréhension est surmontable, on vient quand même, sachant que l'inconscient a ses raisons que la raison ignore.